Classifications des massif rocheux en fonction de leur excavabilité

Il existe une multitude de méthodes de classification en fonction de l'excavabilité des massifs, dont voici les principales :

 

 

Méthode d’Atkinson :

Il a proposé des zones d’application pour chaque type de machine en fonction exclusivement de la résistance à la compression simple des roches.



domaines d'utilisation des machines en fonction de la résistance à la compression (Atkinson, 1977) (extrait de l'ouvrage [1])

 

Méthode de Franklin :

Il a proposé de classer les massifs rocheux en fonction de 2 paramètres :

§ Is : indice de résistance sous charge ponctuelle.

§ If : indice d’espacement entre les fractures.

Ceci donne lieu à une classification du type "résistance-taille" pour l’étude des méthodes d’excavation (de manière générale, on ne spécifie pas le type de machine), ainsi que des relations entre Is et If et d’autres paramètres géomécaniques.



classification des massifs rocheux en fonction de leur excavabilité (Franklin et al, 1971)
(extrait de l'ouvrage [1])

 

Méthode de Weaver :

Il a déterminé le degré de ripabilité d’un massif rocheux grâce à la valorisation de 7 facteurs, dont les plus importants sont : 

    §   L’espacement entre joints
    § Vitesse sismique
    § Orientation / direction des discontinuités
    §   Dureté

 Ceci donne lieu à une table où sont proposés certains types de machines en fonction de ces paramètres : 

CLASSE DE ROCHE

I

II

III

IV

V

DESCRIPTION

très bonne

bonne

moyenne

médiocre

très médiocre

VITESSE SISMIQUE (m/s)

>2150

2150-1850

1850-1500

1500-1200

1200-450

NOTES

26

24

20

12

5

DURETE

extrêmement dure

très dure

dure

tendre

très tendre

NOTES

10

5

2

1

0

ALTERATION

saine

légèrement altérée

altérée

très altérée

complètement altérée

NOTES

9

7

5

3

1

ESPACEMENT JOINTS (m)

>3000

3000-1000

1000-300

300-50

<50

NOTES

30

25

20

10

5

CONTINUITE JOINTS

discontinus

peu continus

continus sans remplissage

continus avec quelque remplissage

continus avec remplissage

NOTES

5

5

3

0

0

REMPLISSAGE JOINTS

fermés

séparés

séparation < 1 mm

remplissage < 5 mm

remplissage > 5 mm

NOTES

5

5

4

3

1

ORIENTATION ET DIRECTION PENDAGE

très défavorable

défavorable

peu défavorable

favorable

très favorable

NOTES

15

13

10

5

3

NOTES TOTALES

100-90

90-70

70-50

50-25

<25

RIPABILITE

explosions

extrêmement difficile : explosions

très difficile

difficile

facile

MACHINES

-

DD9G/D9G

D9/D8

D8/D7

D7

PUISSANCE (CV)

-

770/385

385/270

270/180

180

kW

-

575/290

290/200

200/135

135

(tableau extrait de l'ouvrage [1])
 

 

Méthode de Kirsten :

Il propose un système de classification pour l’excavation des massifs rocheux basé sur l’indice suivant :


N = Ms*(RQD/Jn)*Js*(Jr/Ja) ,

avec :

§ Ms : résistance à la compression des roches (MPa)
§ RQD : Rock Quality Designation (%)
§ Jn, Jr : paramètres du système de Barton
§ Js : valeur de la disposition relative des blocs inclinés selon la direction d’abattage (matériau intact : Js = 1)
§ Ja : facteur d’altération du joint

Selon l’indice N, on évalue la facilité d’abattage par ripage sous la forme suivante : 

 

RIPPAGE

 

 

N

 

 

facile

 

 

1-10

 

difficile

 

10-100

 

très difficile

 

100-1.000

 

extrêmement difficile : explosions

 

1.000-10.000

 

explosions

 

>10.000

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 

 

Méthode d’Abdullatif et Cruden :

Comme résultat d’une enquête menée sur 23 projets, ils ont estimé que l’excavation est possible jusqu’à un RMR de 30 et rippable jusqu’à 60. Les massifs considérés comme de "meilleure qualité" doivent faire l’objet de perforations avec usage d’explosifs.



(techniques d'excavation en fonction des indices de qualité RMR et Q (Abdullatif et Cruden, 1983) extrait de l'ouvrage [1])

 

Méthode de Scoble et Muftuoglu :

Ceux-ci ont défini un indice d’excavabilité IE, en combinant 4 paramètres géomécaniques : 

§  Résistance à la compression simple
§  Extension de la météorisation
§  Espacement des joints
§  Espacement des plans de stratifications

 On a ainsi :

IE = W + S + J + B , avec les valeurs données dans le tableau suivant :

 

 

PARAMETRES

 

 

CLASSES DE MASSIFS ROCHEUX

1

2

3

4

5


ALTERATION


intense


élevée


moyenne


légère


nulle

NOTES (W)

<0

5

15

20

25

 

RESISTANCE DE LA ROCHE (Mpa)

 

<20

 

20-40

 

40-60

 

60-100

 

>100

 

 

COMPRESSION SIMPLE (Mpa)

Is(50)

 

<0,5

 

0,5-1,5

 

1,5-2

 

2-3,5

 

>3,5

NOTES (S)

0

10

15

20

25

 

 

SEPARATION DIACLASES (m)

 

0,3

 

0,6-1,5

 

0,6-1,5

 

1,5-2

 

>2

NOTES (J)

5

15

30

45

50

 

 

TAILLE STRATES (m)

 

<0,1

 

0,1-0,3

 

0,3-0,6

 

0,6-1,5

 

>1,5

NOTES (B)

0

5

10

20

30

IE = W+S+J+B

<5

35

70

105

130

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

En fonction de l’indice IE, ils proposent la classification suivante : 

CLASSE

EXCAVATION

IE

MACHINE

MODELES

1

très facile

<40

 

 

 

 

 

tracteurs de rippage


draguelines

 

excavatrices

    tracteur (cat D8)

    dragueline > 5 m3 (Lima 2400)

    excavatrice à câbles > 3 m3 (Ruston Bucyrus 71 RB)

 

2

facile

40-50

tracteur (cat D9)

dragueline > 8 m3 (Marion 195)

excavatrice à câbles > 5 m3 (Ruston Bucyrus 150 RB)

3

moyennement difficile

50-60

 

 

 

 

 







draguelines

 

 


excavatrices

tracteur-excavatrice-pelle chargeuse (cat D9)

excavatrice hydraulique > 3 m3 (cat 245)

4

difficile

60-70

tracteur-excavatrice-pelle chargeuse (cat D10)

excavatrice hydraulique > 3 m3 (cat 245 ou O&K RH40)

5

très difficile

70-95

 

 

 

 

 

 

 

 

excavatrices

excavatrice hydraulique > 3 m3 (cat 245 ou O&K RH40)

6

extrêmement difficile

95-100

Demag H111 excavatrices

Poclain 1000 CK hydrauliques

P&H 1200 > 7 m3

RH 75

7

marginale sans explosions

>100

Demag H185 excavatrices

Demag H241 hydrauliques

O&K RH 300 > 10 m3

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 

Méthode de Hadjigeorgiou et Scoble :

Ils ont proposé un nouveau système de classification empirique pour évaluer la facilité d’excavation des massifs rocheux, en combinant les 4 paramètres suivants :

§ Résistance sous charge ponctuelle

§ Taille des blocs

§ Altération

§ Disposition structurelle relative

Ainsi l’indice d’excavabilité devient ici :

IE = (Is + Bs)*W*Js

PARAMETRES

CLASSES DE MASSIFS ROCHEUX

1

2

3

4

5

RESISTANCE SOUS CHARGE PONCTUELLE :

Is(50)

 

 

NOTES (Is)

 

 

 

 

 

0,5

 

 

0

 

 

 

 

 

0,5-1,5

 

 

10

 

 

 

 

 

1,5-2

 

 

15

 

 

 

 

 

2-3,5

 

 

20

 

 

 

 

 

>3,5

 

 

25

TAILLE DES BLOCS

Jv (JOINTS/m3)

 

 

NOTES (Bs)

+ petits

 

30

 

 

5

petits

 

10-30

 

 

15

moyens

 

3-10

 

 

30

grands

 

1-3

 

 

45

très grands

 

1

 

 

50

ALTERATION

 

 

NOTES (W)

 

 

 

0,6

 

 

 

0,7

 

 

 

0,8

 

 

 

0,9

 

 

 

1

DISPOSITION STRUCTURELLE RELATIVE

 

 

NOTES (Js)

 

très

favorable

 

 

0,5

 

 

favorable

 

 

0,7

 

légèrement

favorable

 

 

1

 

 

défavorable

 

 

1,3

 

très

défavorable

 

 

1,5

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 

C’est ainsi qu’ils proposent la classification suivante des massifs rocheux :

 

CLASSES

FACILITE D’EXCAVATION

INDICE D’EXCAVABILITE

1

très facile

<20

2

facile

20-30

3

difficile

30-45

4

très difficile

45-55

5

explosions

>55

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 

Méthode de Singh :

Avec l’aide de ses collaborateurs, il a défini un nouvel indice de rippabilité IR, afin d’évaluer la facilité avec laquelle a lieu l’abattage mécanique. Les paramètres pris en considération sont les suivants :

§L’espacement entre discontinuités

§Résistance à la traction

§Degré de météorisation

§Degré d’abrasivité (indice "Cerchar")

Ainsi, ils ont proposé la classification suivante des massifs rocheux, en fonction de leur rippabilité ou de la facilité d’abattage mécanique des tracteurs à chenille :

 

PARAMETRES

 

 

CLASSES DE MASSIFS ROCHEUX

 

1

2

3

4

5

 

RESISTANCE A LA TRACTION (MPa)

 

 

 


<2

 


2-6

 


6-10

 

 


10-15

 


>15

NOTES

0-4

4-8

8-12

12-16

16-20

 

DEGRE D’ALTERATION

 

 

 

complet

 

élevé

 

moyen

 

léger

 

nul

NOTES

0-4

4-8

8-12

12-16

16-20

 

DEGRE D’ABRASIVITE

 

 

 

très

faible

 

faible

moyen

 élevé

extrême

NOTES

0-4

4-8

8-12

12-16

16-20

ESPACEMENT ENTRE DISCONTINUITES (m)

<0,06

0,06-0,3

0,3-1

1-2

>2

NOTES

0-10

10-20

20-30

30-40

40-50

NOTES TOTALES

<22

22-44

44-66

66-88

>88

RIPPABILITE

facile

moyenne

difficile

marginale

explosions

TRACTEUR RECOMMANDE

léger

moyen

lourd

très lourd

très lourd

PUISSANCE (kW)

<150

150-250

250-350

>350

-

POIDS (t)

<25

25-35

35-55

>55

-

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

La somme des notes obtenues pour chaque paramètre conduit à la classification suivante :

SOMME DES PARAMETRES

RIPPABILITE

<22

facile

22-44

moyenne

44-66

difficile

66-88

marginale

>88

fragmentation par explosions

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

Il existe également une classification de type "poids-puissance" pour ces types de tracteurs :



classification des tracteurs à chenille en fonction de leurs poids et de leurs puissances
(extrait de l'ouvrage [1])

 

Méthode de Romana :

Il a proposé en 1981 une classification très simplifiée des massifs rocheux en se basant sur 2 paramètres principaux : 

§ Résistance à la compression simple
§ Indice RQD

 Dans une version actualisée (1993), il propose de tenir également compte d’un troisième paramètre : 

§ L’abrasivité

Concernant la résistance à la compression simple, il utilise la classification suivante, proposée par la Société Internationale de Mécanique des Roches

Rc (MPa)

MATERIAU

RESISTANCE


<0,6

0,6-2

2-6

6-20

20-60

60-200

>200


sol

transition

roche

roche

roche

roche

roche


-

-

très faible

faible

moyenne

élevée

très élevée

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

Pour le RQD, il utilise la classification de Deere : 

RQD (%)

QUALITE DU MASSIF

 

0-25

25-50

50-75

75-90

90-100


très médiocre

médiocre

moyenne

bonne

très bonne

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

Pour l’abrasivité, il propose la classification suivante, basée sur la teneur équivalente en quartz

TENEUR EQUIVALENTE EN QUARTZ (%)

CONDITIONS D’EXCAVATION MECANIQUE


<40

 

40-60

60-80

>80


économiquement rentable

possible


possible, coûts élevés

non rentable économiquement

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 Ainsi, il propose en série de recommandations, concernant : 

Ü L’utilisation de tunneliers dans de la roche compacte (RQD > 90 %) :

Rc (MPa)

CONDITIONS D’EXCAVATION


6-12


12-20

20-60


60-150


150-200

>200

 

 

possible, problèmes d’appui

possible, très bien adapté

possible, très bien adapté

possible, problèmes d’appui

possible ? difficultés de découpage

non viable

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 

Ü L’utilisation de tunneliers en fonction des nécessités en soutènement du massif excavé : 

 

RMR

 

 

 

 

RQD

 

 

CONDITIONS D’UTILISATION DES TBM SANS BOUCLIER EN FONCTION DU SOUTENEMENT

 

 

 

valeur

 

 

classe


80-100

60-80

50-60

40-50

20-40

0-20


I

II

III a

III b

IV

V


>90

70-90

50-70

40-50

25-40

<25


excellentes– rendements très élevés

bonnes – rendements élevés

adaptées – faibles rendements

peu adaptées

tolérables pour de petites distances

totalement inadaptées

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

 

Ü L’utilisation des machines à attaque ponctuelle (RQD > 90 %) : 

 

Rc (MPa)

 

 

CONDITIONS D’EXCAVATION

 

 

POIDS DES MACHINES (t)

 

 

30-50

50-80

>80

 

2-6

6-12

12-20

20-60

60-120


>120


problèmes d’appui

problèmes d’appui

normales

normales

non économiquement viables

impossibles


adapté

adapté

possible

-

-


-

 


possible

adapté

adapté

adapté

-


-


-

possible

adapté

adapté

possible ?


-

(tableau extrait de l'ouvrage [1])

De manière générale, il propose la classification de la figure suivante, où sont indiqués les domaines d’application des différentes méthodes d’excavation (selon l’auteur, cette classification est purement indicative et doit être utilisée avec prudence dans la phase d’avant-projet) :


choix des méthodes d'abattage (extrait de l'ouvrage [3])